dimanche 17 août 2008

Le 17 Août 1661, une fête trop fastueuse



Le 17 août 1661, à Vaux-le-Vicomte, Nicolas Fouquet étale sa splendeur au cours d'une fête plus somptueuse que jamais. Elle lui coûtera sa liberté..

Procureur général au Parlement de Paris (1650) puis surintendant des Finances (1653), Fouquet connait une ascension rapide en ces temps troublés de la Fronde. Elle s'explique par sa fidélité à Mazarin, une fidélité qui lui apporte l'amitié du jeune roi Louis XIV.

Rapidement appelé à de hautes fonctions, son immense fortune personnelle renfloue souvent les caisses de l'Etat. Il en vient pourtant à s'attirer la méfiance du roi.


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Nicolas Fouquet
Énivré par ses succès, il s'est donné pour devise : «Usque non ascendam» (Jusqu'où ne monterai-je pas ?).

Le soir du mercredi 17 août 1661, Nicolas Fouquet (46 ans) étale sa munificence à l'occasion d'une fête somptueuse organisée par son talentueux maître d'hôtel Vatel. En effet,le puissant surintendant général des Finances du royaume de France a invité le roi et la Cour en son château de Vaux, près de Melun, au sud-est de Paris, aujourd'hui Vaux-le-Vicomte.

L'invitation à Vaux apparaît dans ce contexte comme d'une extrême maladresse d'autant plus, que Colbert, ministre jaloux de Fouquet, dénonce au roi ses malversations et le met en garde contre sa puissance. Le roi s'indigne «qu'un homme puisse se rendre l'arbitre souverain de l'État»....


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Le jeune roi Louis XIV (23 ans) arrive à Vaux à six heures du soir en compagnie de sa mère, la reine Anne d'Autriche, et de quelque six cents courtisans. La reine Marie-Thérèse, enceinte, n'a pu se joindre à la fête mais le roi s'en console avec sa jeune maîtresse, la douce Mlle de la Vallière. Parmi les autres absents de marque, on peut noter le ministre Colbert, soucieux de se démarquer de son ennemi intime, Fouquet.

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Louis XIV

Le roi lui-même a l'humeur maussade en se rendant à l'invitation de son très riche et très puissant ministre. Depuis la mort de Mazarin, quelques mois plus tôt, il a pris le parti de diriger en personne le gouvernement et attend de tous ses ministres et conseillers qu'ils lui soient loyaux. Ce n'est pas précisément le cas de Fouquet, qui abuse de sa position d'héritier présomptif de Mazarin et continue de s'enrichir en cachette du souverain.

Le décorateur du surintendant, Le Brun, fait les honneurs du château. Il montre les allégories, écureuils et soleil, qui désignent le surintendant lui-même, que tout le monde ici appelle «Monseigneur». Le roi apprécie comme on l'imagine cet étalage d'orgueil.


Ensuite, les invités sont répartis dans différentes pièces du château pour consommer un ambigu. Le terme désigne un buffet sur lequel sont présentés simultanément tous les plats, du salé au sucré. Toute la cour est servie dans de très luxueux couverts en vermeil,un luxe inaccessible au roi lui-même !

Après la collation, les «deux Baptiste» Molière et Lully donnent dans les jardins une comédie-ballet, la première du genre, Les Fâcheux. Pendant les intermèdes, des elfes sortent de derrière les ifs et servent gâteries et diamants aux dames.

En retournant vers le château, le roi et la cour sont éblouis par un feu d'artifice au-dessus de l'édifice. Une loterie aurait eu lieu ensuite avec distribution de diamants et d'armes, selon une source incertaine.

D'après les compte-rendus du temps, pas forcément objectifs, le roi et la Cour seraient repartis comblés, à deux heures du matin, «la bonne chère ayant été accompagnée du divertissement d'un fort agréable ballet, de la comédie et d'une infinité de feux d'artifice dans les jardins de cette belle et charmante maison, de manière que ce superbe régal se trouva assorti de tout ce qui peut se souhaiter dans les plus délicieux,... » (La Gazette).

Pourtant, le sort ultérieur de Nicolas Fouquet accrédite l'idée que le roi s'est senti humilié et aurait même regagné son château de Fontainebleau sans attendre la fin de la fête.

L'historien François Bluche indique même qu'il aurait songé à faire arrêter sur le champ le surintendant mais en aurait été dissuadé par la Reine mère, qui ne voulait pas enfreindre les règles de l'hospitalité . Où que soit la vérité, il est vraisemblable que l'étalage de luxe auquel a assisté Louis XIV a renforcé sa détermination d'abattre son trop puissant surintendant.

Il donne peu après l'ordre d'arrêter Fouquet. C'est d'Artagnan qui se charge de cette délicate mission.

Après trois ans de procédure, Fouquet est condamné au bannissement. Louis XIV usera exceptionnellement de son droit pour aggraver la peine. C'est ainsi que le financier et mécène finira sa vie dans la forteresse de Pignerol, dans les Alpes.

Sources : Hérodote

5 commentaires:

Anonyme a dit…

D'Artagnan dont les actuels propriétaires de Vaux concervent un autographe exeptionel ordonnant les conditions de détention les plus sévères pour F.
Un monument d'histoire à visiter absolument et qui progressivement reprend des allures strictement antèrieure à l'arrestation du ministre.
axel

Alex a dit…

Vous avez vos entrées au château ???

Anonyme a dit…

Non je n'aurais pas de pass pour Vaux. Par contre à Verssailles...

Anonyme a dit…

La femme du Roi était enceinte, et il amene sa maitresse a ce grand spectacle publique. (et au devant sa mere). Et pour ça ?, on hait les Protestants (Puritane). Je suis que le roi avait puissance absolue, mais il y avait les regles de la religion, meme si catholique. Est-qu'il y a quelqun qui peut l'expliquer? Que pensait la peuple de la vie d'amour du roi?

Alex a dit…

J'imagine qu'à cette époque, le peuple avait d'autres préoccupations. Quant au fait d'avoir des maitresses, les rois se devaient d'en avoir. On reprochera suffisamment à Louis XVI de ne pas pas en avoir choisi.